Les Clairières dans le Ciel


  • Les Clairières dans le ciel, Cyrille Dubois, ténor, Tristan Raës, piano.

Collection, les Musiciens de la Grande Guerre vol.13, sortie le 23/10/2015

Label Hortus, en partenariat avec la Mission du Centenaire, Le Palazetto Bru-Zane et l’abbaye de Royaumont.

http://www.editionshortus.com/catalogue_fiche.php?prod_id=137

Enregistré en mars 2015 dans la salle des charpentes de l’abbaye de Royaumont.

cd clairières 1couv

  • Extrait

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  • Le mot de l’éditeur:

Pendant la Grande Guerre, c’est la mélodie qui exprime au mieux dans toute leur diversité les sentiments profonds des combattants au front comme ceux des compositeurs restés à l’arrière : des idéaux éternels chargés de nostalgie, de tendresse et de poésie (L. Boulanger ou Ropartz) comme des réactions nées du conflit tour à tour sarcastiques (Vellones), dramatiques ou empreintes de sentiments pour l’être aimé comme chez Jacques de la Presle. Ce programme réunit des inédits (Migot, de la Presle) comme des oeuvres fort rares (Vellones) ainsi que les cycles complets des Odelettes et des Clairières dans le Ciel.

  • Critiques du disque:

L’édition Musicale, par Edith Weber

« Clairières dans le ciel ». Duo Contraste. 1CD HORTUS (www.editionshortus.com). WW1 Music. HORTUS  713 : TT :  73′ 42.

Pour commémorer le Centenaire de la Première Guerre Mondiale (World War 1), le Label HORTUS a, dans sa Collection « Les musiciens et la Grande Guerre », associé au Volume XIII 5 compositeurs français : Pierre Vellones (1889-1939), Guy Ropartz (1864-1955), Georges Migot (1891-1976), Jacques De La Presle (1888-1969) et Lili Boulanger (1893-1918) dont les œuvres reflètent tout particulièrement la mentalité et les réactions des combattants au front et des compositeurs à l’arrière. Le programme a le mérite de présenter des inédits de Georges Migot et de Jacques de La Presle, entre autres. Un dessin anonyme à l’encre de Chine : « On est prié de ne pas chanter » — illustré par un soldat barbu dont la bouche est cadenacée —, à lui seul, traduirait déjà l’état d’esprit des Poilus.

La Lettre du front (1916) (paroles : Marcel Manchez, musique : Pierre Vellones) (pl. 1), adressée au Commandant A. du Boisrouvray, évoque de manière très réaliste l’atmosphère dans les tranchées, les regrets de la vie ancienne du soldat qui veille et écrit, « les pieds dans l’eau ». Ce CD se termine par Aux Gonces qui se débinent (1916), ceux qui, « au sec », ne seront pas blessés : paroles accusactrices et chantées par Cyrille Dubois (ténor) avec hargne en fonction des paroles de Marcel Manchez (pl. 29), accompagné en parfaite entente par le pianiste Tristan Raës.

Guy Ropartz a choisi Quatre Odelettes (1916) de Henri de Régnier, de caractère lyrique et descriptif (pl. 2-5) : Un petit roseau m’a suffi…, avec une introduction au piano qui crée l’atmosphère quelque peu mystérieuse et si bien rendue par le Duo Contraste. Cette pièce est suivie de Si tu disais…, Chante si doucement…Je n’ai rien que trois feuilles d’or… (magnifique début a cappella), tout à fait dans l’esprit de la mélodie française (équivalent du Lied allemand) et l’esthétique du début du XXe siècle. Les mélomanes découvriront le premier enregistrement discographique des Sept petites images du Japon (pl. 6-12), dédiées à Jane Bathori et composées en 1917 par Georges Migot d’après le Cycle de Heian (IXe siècle), suscitant d’abord en douceur, puis plus énergiquement, la tristesse de la séparation et faisant appel à une grande richesse expressive et un réel pouvoir de suggestion.

Jacques De La Presle (1888-1969) a mis en musique la Chanson de la rose (1917) de M.-A. Robert (pl. 13) empreinte de douceur, d’admiration et de désir, ainsi que le texte de Jean Richepin (pl. 14) : La branche d’acacia (1916) s’adressant à l’Aimée et se terminant par la phrase : Alors depuis que je t’aime, dis toi-même combien de jours il y a, résumant l’atmosphère du poème. Sa mélodie Heureux ceux qui sont morts pour la terre charnelle (pl. 15) sur le texte de Charles Péguy et dédiée « à la mémoire de Charles Péguy » (mort en 1914, au tout début de la Guerre), se termine par deux affirmations : Heureux ceux qui sont morts dans une juste guerre. Heureux les épis mûrs et les blés moissonnés… Lili Boulanger (1893-1918) a retenu le poème Clairières dans le ciel (1914)  extrait du Recueil Tristesses de Francis Jammes (pl. 16-28), concernant l’amie « descendue au bas de la prairie » (pl. 16), « gravement gaie » (pl. 17), puis la tristesse et la joie quand il pense à elle (« Parfois je suis triste », pl. 18) ou encore la nostalgie (« Demain fera un an… », pl. 28).

Sur le front ou à l’arrière, ces poètes et musiciens — par leur musique aux accents très humains et d’un grand raffinement, marquant un aboutissement esthétique — ont livré un intime et émouvant témoignage d’humanité au cœur de la barbarie. Cyrille Dubois (ténor) et Tristan Raës (piano), tous deux formés au CNSM dans la classe de Lied et Mélodie, ont signé une belle illustration historique et psychologique, conformément à leur affirmation : « La musique porte au-délà des mots le spleen et la mélancolie qui prévalaient partout dans le monde au début de ce conflit ».

 

  • Détail des pistes:

Pierre Vellones (1889-1939)
1. « Lettre du front » 5’19

Joseph-Guy Ropartz (1864-1955)
Quatre odelettes
2. « Un petit roseau m’a suffi » 3’59
3. « Si tu disais » 5’09
4. « Chante si doucement » 3’25
5. « Je n’ai rien que trois feuilles d’or » 4’51

Georges Migot (1891-1976)
Sept petites images du Japon
6. Comme la rivière Minano 1’17
7. Il est triste 1’22
8. Au vent d’automne 0’45
9. L’averse est venue 1’00
10. Durant cette nuit longue 1’16
11. Seulement parce qu’elle m’ avait dit 0’58
12. Sur la lande printanière 1’16

Jacques de la Presle (1888-1969)
13. « Chanson de la rose » 2’58
14. « La Branche d’acacia » 1’30
15. « Heureux ceux qui sont morts… » 3’32

Lili Boulanger (1893-1818)
Clairières dans le ciel
16. Elle était descendue au bas de l a prairie 1’41
17. Elle est gravement gaie 1’48
18. Parfois, je suis triste 3’21
19. Un poète disait 1’38
20. Au pied de mon lit 2’24
21. Si tout ceci n’est qu’un pauvre rêve 2’10
22. Nous nous aimerons tant 2’42
23. Vous m’avez regardé avec t oute votre âme 1’33
24. Les Lilas qui avaient fleuri 2’37
25. Deux ancolies 1’21
26. Parce que j’ai souffert 2’34
27. Je garde une médaille d’elle 1’33
28. Demain fera un an 7’57

Pierre Vellones (1889-1939)
29. « Aux Gonces qui se débinent » 1’30

T.T 73’42

 

Ténor