Petits Motets de Sébastien de Brossard

  • Petits Motets de Sébastien de Brossard, Maîtrise de Caen, Robert Weddle orgue et direction, Cyrille Dubois soprano, Hervé Lamy ténor, Alain Buet baryton ;

Label Assaï

Enregistré en 1999 en l’église Notre Dame de la Gloriette à Caen.

petits motets

Extrait:

 

Critiques:

GRAMOPHONE

Traduction de la critique de Jonathan Freeman-Attwood (Juin 2000)

Un enregistrement particulièrement original de musique baroque française peu connue marqué par la voix exceptionnelle d’un garçon soprano.

Sébastien de Brossard est, en premier lieu, connu comme remarquable collectionneur de musique, prêtre cultivé, et concepteur du premier dictionnaire de musique en langue française. Egalement compositeur raffiné, il se situe en plein milieu de l’ère baroque, et ses Petits Motets sont un exemple de l’intimité et du style mélodique aisé qui caractérisent le genre à son apogée. Tous ceux qui ont écouté les Leçons des Morts enregistrées par Véronique Gens et Gérard Lesne (Virgin) ou encore les pièces sacrées enregistrées par le Parlement de Musique (Opus 111) ont déjà goûté à ces délices. Sous bien des aspects, ce nouveau disque nous offre un plaisir encore plus rare et, non le moindre, celui d’une restauration de la tradition chorale française disparue au moment de la Révolution dont Robert Weddle est l’un des pionniers. En fait, la Maîtrise de Caen célèbre un « talent’ du pays (Brossard fit ses études au Séminaire et à l’Université de Caen) avec un collégien véritablement exceptionnel, Cyrille Dubois.

Cyrille est un soprano chevronné doué d’un flair naturel tout à fait hors du commun pour les conventions et les délicatesses déclamatoires du baroque français ainsi que d’une sensibilité innée pour ce style. Je n’ai tout simplement jamais rien entendu de comparable.

Comme il le démontre dès le motet d’ouverture « O Jesu! quam dulce nomen tuum », Cyrille place les notes avec la précision et la nonchalance d’un véritable pro, colorant les voyelles et ornementant les cadences sans la moindre retenue. Le seul enregistrement existant de ce motet par Isabelle Desrochers (Auvidis) communique peu de cette incandescence du texte. Dans le déchirant et harmoniquement audacieux « O plenus irarum dies », Cyrille cède sa place à la voix résonante et expressive du baryton Alain Buet, qui fait également preuve d’une imposante présence. De l’orgue, Weddle mène un continuo sensible, jaugeant le côté italianisant d’un ternaire balancé avec une souplesse sensuelle.

Dans le beau duo « Beati immaculati »- estimé par Brossard lui-même comme étant le meilleur de ses motets- Dubois et Buet s’amusent follement en une formidable performance. « Silentium dormi » souffre en comparaison, le ténor Hervé Lamy n’étant pas de la même envergure vocale. A cette étape du déroulement du disque les attentes sont fortes, mais son intonation est problématique et la sensation de tranquillité mais aussi de variété est essentielle dans cette pièce qui, entourant une émotion envahissante d’une palette de nuances subtiles, évoque l’esprit de Monteverdi.

Le disque se termine sur une interprétation sans prétention mais de grande musicalité d’un Miserere pour soprano, petit chœur et continuo. Une fois de plus, personne ne pourra contester que la voix d’un enfant guidé si intelligemment et doué d’une qualité que je n’ai jamais rencontrée auparavant, ajoute un frisson délectable à la musique baroque française. Fortement recommandé.

 

Liste des titres:

1. O Jesu! Quam Dulce Nomen Tuum, Pour Dessus Et Basse Continue
2. O Plenus Iranum Dies, Pour Basse Taille & Basse Continue
3. Beati Immaculati, Pour Dessus, Basse Taille & Basse Continue
4. Silentium Dormi, Pour Taille & Basse Continue
5. Miserere Mei, Pour Dessus, Petit Choeur & Basse Continue

 

Ténor